Renée-Blanche


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Articles de presse

L'EST REPUBLICAIN - Octobre 1991

Chaque Week-end la salle d'honneur du château Stanislas de Commercy présente vingt-trois originales tapisseries de Renée-Blanche, artiste aixoise qui expose dans la plupart des métropoles européennes. Portraits, paysages, natures mortes sont traités à l'aide de différents morceaux d'étoffe dont l'artiste joue de la couleur, de la transparence ou de l'épaisseur, pour obtenir des effets parfois déconcertants de finesse nuancée. L'entrée est gratuite jusqu'au 27 octobre

BURDA PATCHWORK (extraits de l'article de Véronique Maksud)

Loin des techniques de couture classique, les tapisseries d'étoffes de Renée-Blanche prennent quelques libertés pour exprimer des émotions prises sur le vif d'ambiances intimes ou familières ; Soies, lins et autres étoffes sont les couleurs d'une palette maniée avec bonheur et grand art. Mathilde, rêveuse sourit à la vie sûrement, les yeux d'Etienne aux images voyagent encore dans le livre qu'il n'a pas tout à fait quitté. La théière de Jean-Michel, elle, siffle la mélodie des petits moments de bonheur simple… Les tapisseries d'étoffe de Renée-Blanche dégagent quelque chose d'heureux et d'enchanteur qui appelle immédiatement le regard puis invite à entrer dans un univers de poésie et de couleur, de délicatesse et de liberté qui fait du bien à l'âme.

L'œil s'étonne, se laisse emporter pas l'histoire qui se conte puis se pose, reconnaît un tissu à fleurs ou à rayures, se promène à nouveau le long des courbes voluptueuses. Il frôle la soie ou le velour, se perd bientôt dans de transparentes profondeurs puis croise soudain un regard qui dévoile une pensée, un état d'âme. De l'histoire de l'étoffe, les surprises se succèdent et la magie de l'artiste opère, laissant le spectateur envouté par toutes ces saveurs et un rien intrigué par une technique à la fois si libre et si évocatrice.
De plus près, à fleur de fils, le voile se lève sur une part de mystères. Point d'ourlets, points de formes académiques, l'étoffe se livre ici naturelle, révèlant ses bords bruts et sa texture profonde pour mieux dire les émotions ; elle donne tout d'elle-même, s'offrant à l'ombre ou à la lumière sans pudeur ni retenue. Point de réticence non plus à ce que la légèreté s'acoquine avec le précieux, le doux flirte avec le rêche et l'échevelé avec le sagement tissé. Côte à côte, les soies fines et transparentes se superposent jusqu'à offrir mille nuances subtiles, les imprimés de coton dispersent leurs fleurs généreuses et les mille raies de velour accrochent la lumière comme bon leur semble ; brochés, damassés, lins et lamés sont aussi bien sur de cette délicate aventure.
Renée-Blanche possède le talent de les faire chanter toutes en chœur, accordant à chacune le plaisir de rendre les autres émouvantes et l'on devine comme elle les connaît bien, comme elle les aime aussi. Si elles ont depuis toujours accompagné de douceur, de tendresse et de chaleur chacun des ses moments, les étoffes ont été aussi pour elle les livres d'images qui ont donné du rêve à son enfance, de la couleur et des sensations fortes à sa vie … Si fortes que s'est très tôt inscrit en elle ce plaisir de jouer de leur sensualité. Elles sont aujourd'hui ses mots, ses notes de musique, la riche et sensible palette qu'elle s'est choisie et grâce à laquelle elle exprime avec une extrême finesse et une grande liberté les vibrations de ses émotions.
Du peintre qu'elle fut, Renée-Blanche à gardé la sensibilité et le geste, troquant le pinceau pour une paire de ciseaux tout aussi agiles et éloquents. De la pointe de ceux-ci, elle attrape un petit morceau de couleur qu'elle sort d'un panier où s'accumulent mille de ses étoffes précieuses et le pose librement sur la table, à coté d'autres qu'elle y a déjà déposés. Elle pose une autre couleur encore sur les précédents, la juxtapose, la décale, cherchant l'accord ou le désaccord, la douceur ou le contraste, poursuivant un effet connu d'elle seule encore.
Toute à sa poésie at au plaisir d'être accaparée voire submergée par l'aventure, Renée-Blanche s'élance avec enthousiasme dans ce nouveau projet qui s'impose à elle ou qui sommeillant depuis des lunes se réveille enfin. Aucun dessin grandeur nature ne la guide, simplement parfois, l'un des ses petits croquis posé sur un chevalet auquel elle se reporte d'un regard car elle y a fixé de quelques touches de pastel un regard, une attitude, une atmosphère qui un jour l'ont captivée. Elle cherche, elle compose, apprivoise encore et toujours les richesses de sa palette qui bien plus que des couleurs lui offre une gamme incomparable de sensations. Et quand bien que les étoffes, ses complices , l' "entortillent sur les sentiers de la magie ", Renée-Blanche construit, travaille …Dans le bonheur certes, mais avec rigueur, celle enseignée par ses maîtres des Beaux-arts. Elle y apprit notamment à ne pas se contenter du joli ou du plaisant, mais à rechercher bien au-delà, l'expression sensible d'une émotion vraie, palpable.

 

Alors elle dose les couleurs les unes par rapport aux autres, elle jongle avec les formes, les lignes, les matières, elle impose ici une discordance, là une complémentaire pour affirmer la composition ou bien l'adoucir. Elle respecte quelques plages de silence pour insuffler une respiration et éviter la surcharge. Les éléments trouvent ainsi leur place, organisés sans que cela en ait l'air en une surface cohérente qui aime aussi à s'ouvrir à d'éventuels imprévus surgis en cours d'aventure. Peu à peu prennent vie et vibration un visage, un corps, une composition à qui Renée-Blanche sait donner profondeur et intensité et envelopper tout autant d'une délicate légèreté. Lorsque la composition lui parait juste, Renée-Blanche attend un jour ou deux, le temps d'une réflexion puis épingle le tout solidement. Vient alors le temps de la couture, sans ourlet surtout, pour ne pas nuire à la purété des formes, à la finesse des expressions, mais à grands points comme le ferait un enfant de dix ans. Volontairement sommaires, ils permettent ainsi la légèreté et la spontanéité du tableau.

La troisième étape est la plus importante car elle apporte un nouvel éclairage sur la construction, testant tout autant sa cohésion que sa cohérence. La tapisserie cousue abandonne la table pour le mur ; dans cette position soudain verticale, l'œil se pose plus neuf, plus frais et sensiblement détaché de l'aventure qui vient de se vivre horizontalement. Là, Renée-Blanche reprend les ciseaux, les étoffes et ajoute si besoin une dernière pièce comme le peintre viendrait poser une ultime touche de couleur ou comme le musicien accorderait une dernière fois son instrument. Autrui saura s'en émouvoir un peu, beaucoup, passionnément et savourer à son tour la douceur de moment touts simples de la vie rendus exceptionnels par le regard qu'on y porte.

 

MAGIC PATCH - juin 2007

Chez Renée-Blanche, le pinceau, la palette et les couleurs sont remplacées par les tissus. Pièces de mousseline, velours, coton, soie se superposent pour créer des oeuvres uniques et impressionnistes

100 Idées - juillet 1981

Chansons de toile

Cela ressemble à des collages, mais c'est avec des étoffes et du fil que Renée-Blanche réalise ses tentures murales. Ce sont des tableaux tout en délicatesse, des petits morceaux de tissus cousus ensemble ou superposés, qui forment portraits ou composition figuratives.

Mi-tapisserie, mi-patchwork, Renée-Blanche les désigne comme des "chansons murales bercées d'étoffes cousues". Elle travaille avec des morceaux de tissus comme le peintre avec ses couleurs... et comme on chante.

Jusqu'au 30 juillet, Hôtel de ville d'Aix en Provence et jusqu'au 4 aout, Galerie la Comète, rue Matheron, Aix en Provence.